
Résumé:
Qu’il est doux, parfois, de perdre la tête... Est-ce qu’il vous est déjà arrivé
d’être si fatigué que vous croyez devenir fou ?
Non ? Ben, à moi si ! Il est vrai que je me
démène pour sauver mon théâtre du West End,
que je dors rarement et que je prends des cachets pour tenir le
coup, mais enfin bon ! C’est pas une raison pour voir des
fantômes ! Eh bien, il semblerait que si. Depuis peu,
l’esprit d’une jeune femme (fort ravissante, par
ailleurs) m’apparaît dans mon théâtre.
Nous bavardons, nous rions et il m’arrive même de
désirer la toucher. Elle semble si réelle... Vous
comprenez maintenant pourquoi j’ai l’impression de
perdre la raison ? Mot de l’éditeur :Catherine Kalengula a la
capacité de vous plonger dans un univers fantastique et
romantique avec délicatesse et légèreté. En
une seule phrase, elle a le don à la fois de vous faire
rire et pleurer. Après Keep Calm & Love Me, sa plume a
pris en maturité pour notre plus grand bonheur afin de
nous offrir une histoire d’amour hors du temps et de la
logique. Extrait :« La lumière s’alluma soudain
autour du vieux miroir d’une coiffeuse, entouré
d’ampoules. Une fois ma vision adaptée, je
distinguai une silhouette assise de dos, qui était
occupée à se poudrer. Je compris que le
mystérieux parfum provenait de là. Près
d’elle, il y avait un portant chargé de costumes de
scène, et un gramophone rutilant posé sur un
guéridon. Le tout était étonnamment propre, et
comme le reste de cet endroit pourtant fermé depuis des
lustres, dépourvu de toiles d’araignées et de
poussière. Comment cela était-il possible ?Elle
lâcha la houppette, et se retourna.— Vous
m’avez entendue ?Elle avait les cheveux courts et noirs,
le visage rond cerné de boucles. Je remarquai le chapeau
typique des années folles posé sur la commode, juste
à côté d’un interminable sautoir en
perles. Ce n’était pas Cherry. Cette fille
paraissait comme irréelle, une apparition émergeant
d’un nuage de brume.— Vous me voyez ? Vous me voyez
réellement ? demanda-t-elle, comme si elle
n’arrivait pas à y croire. C’est incroyable,
merveilleux ! Lorsque je vous ai trouvé ici, au milieu de
la nuit, je me suis d’abord sentie effrayée, puis
heureuse d’avoir de la compagnie, après toutes ces
années. Je suis passée par un tourbillon
d’émotions, en vous découvrant, endormi. Mais
vous aviez l’air si gentil...J’essayai de
comprendre.— Vous voulez dire que vous vivez ici ? Dans
ce grenier ?Elle baissa les yeux, puis murmura dans un souffle
:— Depuis toujours...Une colère sourde
m’emporta, même si j’ignorai
précisément contre qui ou quoi je
m’énervai.— C’est la meilleure !
Maintenant, je crois voir Betty Boop !— « Betty Boop
» ? s’étonna mon hallucination en haussant les
sourcils. Je ne connais pas cette personne. Est-elle
comédienne, elle aussi ? Moi, je m’appelle Evenly
Dale. Even est mon nom de scène. Puis-je connaître
votre nom de famille, monsieur ? La moindre des choses
désormais serait de vous présenter. Ignorez-vous donc
à ce point les bonnes manières ?Hein ?J’avais
définitivement beaucoup, beaucoup trop bu.— Vous
n’êtes pas réelle. Alors, cassez-vous.Difficile
de faire plus illogique.Elle adopta un air profondément
outragé, en arrondissant la bouche. [...]— Oh ! Je
n’en crois pas mes oreilles ! Quel grossier personnage !
En premier lieu, vous êtes chez moi. Ensuite, monsieur
qui-que-vous-soyez, lorsque vous vous trouvez en ma compagnie,
je vous prierai d’employer un langage plus convenable.Je
me laissai retomber lourdement sur le matelas, qui protesta par
un couinement sauvage.— Putain, je commence vraiment
à perdre la boule, moi. » © Bragelonne 2017